Archives par étiquette : Nathalie Baye

Les gardiennes, de Xavier Beauvois, devenir

1915. Campagne française. Les deux fils d’Hortense, Constant et Georges, sont à la guerre, son beau-fils Clovis aussi. Hortense fait tourner la ferme avec sa fille et la sœur de son gendre. Comme les bras manquent, Hortense embauche une jeune femme, Francine, pour la moisson. Georges revient en permission.

C’est un film lent et beau. Qui décrit une campagne qui est à l’orée de la mécanisation. Un monde où l’individualisme n’a pas encore pris le pas sur les solidarités.  J’ai été impressionné par le personnage de Francine, par Iris Bry, très belle, comédienne à fleur de peau, qui m’a fait penser à Meryl Streep. J’ai aimé la photo, surtout le très beau plan du départ de Constant dans la brume. Je me suis demandé tout du long si Nathalie Baye portait une perruque. J’ai recherché malgré moi le visage de son père dans les traits de Laura Smet.

Au bout d’un moment, j’ai regretté que le film n’aille pas plus loin, et ne traite pas plus le sujet qu’il avait mis deux heures à mettre en place : le choix d’Hortense entre l’intérêt de sa famille et le bonheur de son fils, le choix de Georges qui pour le coup n’a pas le choix. Ça arrive trop souvent, je trouve, les films qui se terminent là où ils auraient pu commencer. D’un autre côté, c’est peut-être deux films pour le prix d’un : celui qu’on vient de voir, et celui qu’on se fait dans sa tête pour imaginer la suite. Clair comme questionnement ?

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Juste la fin du monde, de Xavier Dolan, puissant et bouleversant

justelafindumonde

Après 12 ans d’absence, Louis, devenu écrivain, revient dans sa famille pour leur dire adieu. Il est malade, s’attend à mourir bientôt, mais eux ils ne le savent pas. Sa famille : sa mère, sa soeur (si jeune quand il est parti qu’elle ne se souvient qu’à peine de lui), son frère aîné et sa femme (qu’il ne connaît pas non plus). Son retour réveille les sentiments, l’amour, les douleurs, les ressentiments. Peut-il leur dire ce pourquoi il est venu ? Peuvent-ils traverser tout ça, mourir ou renaître ?

En sortant du cinéma, je me suis dit que j’avais vu l’oeuvre d’un génie créatif. Avec un parti pris de réalisation au moins aussi fort que celui de Mommy.

En se mettant au plus près de ses personnages, Dolan nous entraîne dans leur regard, dans leur respiration, dans leur rythme, dans leur sincérité absolue. Un seul regard fait basculer le film.

A ce jeu, j’ai trouvé Marion Cotillard sublime ( si je dis que ça m’a surpris, je passe pour un abruti ? ), Nathalie Baye d’une force incroyable, meilleure de film en film, Léa Seydoux bouleversante, Vincent Cassel plus juste tu meurs, Gaspard Ulliel  tout en vibrations ( Meryl Streep sors de ce corps !).

Go for it !

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