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Chappie, de Neill Blomkamp, variation

Dans un futur proche en Afrique du Sud, la police est débordée. Elle s’équipe d’auxiliaires robots très efficaces pour lutter contre les gangs qui redoublent de violence. Parmi ces robots, le scout #22 qui se prend pain sur pain et qui, DU COUP, est un habitué de la maintenance. Dans l’usine, l’ingénieur Deon, le créateur des scouts, aimerait bien passer à la vitesse supérieure et tester un programme d’intelligence artificielle. Sa patronne s’y refuse. Et un de ses collègues, adepte d’une manière encore plus forte, voudrait lancer un nouveau modèle de robot de combat, terrifiant de puissance. Tout est sous contrôle. Pas pour longtemps.

Chappie, sorti en 2015, et que je découvre sur Netflix, c’est une variation sur le thème de l’intelligence qui vient à la machine. Ici, c’est plus que l’intelligence, c’est la conscience. Plutôt séduisant de voir Chappie – c’est le nom qui sera donné au scout 22 AI-upgraded – tiraillé entre ses différents éducateurs.

Petit à petit, quelque chose de familier est venu me chatouiller. Oui, je reconnaissais quelque chose de la patte d’un réalisateur. Celui de District 9 ? Gagné ! Vérification faite, c’était bien lui. Alors, cette patte, sa patte, de quoi est-elle faite ? Un goût pour l’action violente, pour les effets spéciaux très aboutis, pour les personnages de laissés pour compte qui se reprennent, pour les méchants qui abusent de leur pouvoir, pour le sens du sacrifice des héros. Et aussi pour un style visuel que je ne pourrais définir qu’au prix d’une observation plus attentive.

Dans la distribution, des vedettes : Sigourney Weaver (avec un petit rôle), Hugh Jackman qui pour une fois fait le méchant, et Dev Patel qui fait le héros. Et aussi l’acteur fétiche de Neill Blomkamp : Sharlto Copley qu’on ne voit pas mais qui anime Chappie.

Pas aussi réjouissant que District 9, mais solidement intéressant.

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Elysium, par le réalisateur de …

Elysium

Hélas, hélas. Quand sur l’affiche du film, les producteurs indiquent “par le réalisateur de … “, ils sous-entendent “par ce réalisateur qui a auparavant réalisé le très bon film que nous citons sur l’affiche de ce nouveau film, et bien figurez-vous que nous lui avons donné les moyens de s’exprimer avec deux vedettes américaines, dont l’une s’exprime même en français par instants, des effets spéciaux qui nous ont coûté un bras, etc.” Hélas, hélas, hélas, avec “par le réalisateur de … ” il y a souvent un loup. C’est le cas ici avec Elysium, réalisé par Neill Blomkamp, qui est l’auteur du très bon District 9.

Bon, amusons-nous à repérer les points communs entre les deux films :

+ le mercenaire super méchant d’Elysium c’est le héros de District 9 figurez-vous. Mais comme il porte dans Elysium une barbe aussi noire qu’épaisse, je ne l’ai reconnu qu’après coup. Enfin, oui, un grand merci aux producteurs.

+ dans District 9, il y avait une arme alien qui faisait littéralement exploser les corps. Dans Elysium, il y en a plusieurs du même genre. Ouiiiii ! Un grand merci aux producteurs.

+ dans les deux films, on a une population dominée brutalement par une autre, terriens/aliens égarés dans District 9, elyséens en orbite/terriens sur une terre de désolation dans le film du même réalisateur. Re ouiiiii ! Un grand merci aux producteurs.

+ dans les deux films, on a de jolis plans aériens de bidonvilles et de supers engins volants.  Re-re ouiiiii ! Un grand grand merci aux producteurs.

+ dans District 9, le héros se transforme physiquement, pareil dans Elysium.

A part cela, on a beau aimer Jodie Foster et Matt Damon, lesquels font le boulot sans conviction excessive, on a l’impression de se faire un peu balader par l’histoire qui ne nous touche pas. Ce serait quoi la morale cinématographique : des moyens mesurés rendent plus sincère, plus créatif, plus émouvant ? Va savoir. Quoi qu’il en soit ne le dites pas à mes clients.

Vivement le prochain film du réalisateur de District 9.