Archives par étiquette : Netflix

Lost in space, saison 1, de Zack Estrin et Matt Sazama, enfance

En route pour Alpha du Centaure, le vaisseau spatial Résolution rencontre un problème aussi inexpliqué que violent. Des groupes de colons se réfugient – chacun avec leur navette spatiale familiale, les Jupiter – sur une planète proche. Dont la famille Robinson, la mère, le père et leurs trois enfants. C’est une famille de colons. Ils ont tous passé avec succès des tests d’aptitudes et de résistance au stress. Sur cette nouvelle planète, ils vont être mis à l’épreuve. Et plutôt plus que moins.

J’ai regardé cette saison en trois ou quatre jours, profitant de l’absence des unes et des autres.  J’ai eu l’impression de regarder un conte pour enfants, à la sauce science-fiction. Un conte bien raconté. Sans niaiserie. Avec une sorcière. Avec un ogre que l’on domestique. Et pleins de conflits internes et externes à résoudre. Des relations familiales à la fois modernes et originales. Des adolescents pas stéréotypés. Un conte spectaculaire, intéressant et plaisant. Et des comédiens crédibles.

La fonction du conte, c’est, parait-il , d’aider les enfants à surmonter leurs frayeurs et leurs angoisses. Et moi, ça m’a fait quoi ?

On ne perd pas son temps à le regarder en attendant la saison 2 annoncée par Netflix. (si une saison ne marche pas assez, pas de suite avec Netflix, voir Marco Polo).

PS : En creusant un peu, j’ai appris l’existence et la carrière de Brian Steele, comédien spécialisé en monstres, robots, et créatures diverses.

Extinction, de Ben Young, prisonnier

Un père de famille fait des cauchemars ce qui trouble le sommeil de sa femme. “Ca commence à bien faire” lui dit-elle, “tu devrais consulter”. “Oui, tu devrais”, renchérit son chef à l’usine. Mais lui, il est têtu, il ne veut pas consulter. La tension monte. Tout à coup, patatras, ses cauchemars deviennent réalité. Des aliens attaquent. Mais qui sont-ils ? En fait ?

Deux remarques :

Une. Il y a une idée intéressante dans l’histoire : les robots humanoïdes ayant évolué grâce à l’IA ont pris la place des hommes, mais ils n’en savent rien (comme le héros jusqu’aux deux tiers du film).  Malheureusement, ce qui est construit à partir de cette idée n’est pas très intéressant. Pas beaucoup de profondeur. Juste une histoire en passant.

Deux. Netflix me propose systématiquement des films aussi apocalyptiques qu’anxiogènes. Oblivion, why not, Extinction, non merci. Les comédies, j’aime aussi. La légèreté, j’ai rien contre. Mais il faut admettre que je suis prisonnier de l’algorithme de Netflix. Comment se faire la belle ? Dites-moi si vous savez.

How it ends, de David Rosenthal, navrant

Will est à Chicago. Sa fiancée, enceinte, est à Seattle. Il dîne avec ses beaux-parents et se dispute avec son beau-père, militaire retraité et intraitable, prénommé Tom, joué par le grand Forest Whitaker. Le lendemain matin, une mystérieuse catastrophe frappe la côte ouest. Tom décide d’aller secourir sa fille et Will se joint à lui. Début du voyage et des aventures des deux mâles.

Le seul moment où le film prend un peu de relief, c’est quand les deux hommes font la rencontre de Ricky, une jeune indienne mécanicienne auto. Mais comme les scénaristes ne savent pas quoi faire d’elle, elle finit par prendre son sac et se barrer (c’est ce qu’on nous dit, écrire et filmer la scène en question c’est sans doute trop prise de tête).

Le reste du temps c’est, au choix, d’une platitude de bois, totalement prévisible, abracadabrantesque, ou tout bonnement navrant. Palme d’or de la fin la plus débile que j’ai jamais vue.

A éviter. C’est pas parce que c’est du Netflix que c’est de l’or en barre.

The get down part II, de Baz Luhrmann, touchant

Bronx, 1978, suite et fin des aventures de Mylene et d’Ezekiel des Get down brothers.

J’avais regardé il y a quelques mois le début de la deuxième saison, à savoir un épisode et demi. J’avais raccroché, avec l’impression que ça tirait un peu à la ligne, et je ne voulais pas gâcher le plaisir de la première saison. Je m’y suis remis ce samedi, 5 épisodes d’affilée.

Pour tous les personnages, la saison 2 répond à une seule question : deviendront-ils eux-mêmes ? Se révèleront-ils à eux-mêmes ? Ou retomberont-ils au fond du panier ? Et sera le prix à payer, car on n’a rien sans rien ? Les uns après les autres, les unes après les autres, de Shao à Papa Fuerte, ils, elles y passent. Ils gagnent, ils perdent.

Finalement, cette interruption a eu du bon, car cette saison 2 ce n’était plus tout à fait la même histoire ce que je n’avais pas bien perçu.  Même le tissu cinématographique, fait d’images d’archives, a changé. Cette fois-ci il s’agit plus de faire la continuité entre les scènes, grâce à un savant travail de montage et d’étalonnage, que de nous parler du New-York, du  Bronx de ces années 70. The Get Down part II raconte le succès comme un sacrifice, qui advient lorsque vous vous êtes dépouillé de tout, quand vous êtes prêt à passer de l’autre côté. Enfin, il n’y a pas de chanson aussi marquante que le Set me free de la première saison, sauf peut-être la ballade finale, et le rôle toujours décisif de Jackie.

A la toute fin, la série nous dit que Rapper’s delight sortait quelques mois plus tard, chanson qui devait populariser le hip hop.

The get down, c’est la série avec laquelle Netflix m’a harponné. Depuis ils n’ont pas chômé. En France, combien de temps reste-t-il à la création télévisuelle et cinématographique pour se réveiller et passer au karcher ses modes de fonctionnement, de financement, de décision, de production, de diffusion ? Hélas, tout porte à croire que ce ne sera fait que trop tard, un peu comme les tribus de l’Île de Pâques. Too bad.

Faut d’abord regarder la saison une, of course.

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Happy !, de Patrick McManus, décapant

Nick Sax. Un ex-flic au bout du rouleau. New-York. Des idées suicidaires. Et tout de suite une fantaisie pour vous dire que ce qui suit va sortir de l’ordinaire. Une petite fille qui se fait enlever par un Père Noël de cauchemar. Une petite licorne bleue qui s’adresse à Nick : il est le seul à la voir et l’entendre. Des méchants qu’on dessoude salement. Nick est devenu tueur à gages à la suite d’un trauma particulièrement dégueulasse. J’ai vu les 8 épisodes de la saison 1 sur Netflix.

C’est assez sanglant. Loufoque. La résilience de Nick dépasse les bornes. C’est bien fichu. Il y a une vraie chaîne alimentaire des méchants avec au-dessus des principaux méchants, un autre méchant encore plus méchant, plus un autre, etc.

Il me semble que les auteurs ont lu, vu et aimé les mêmes livres, bédés et films que Tarantino. Même goût pour la musique, pour la violence, pour le sadisme, pour le kitch. Même fascination pour la sodomie placée au sommet des tourments que Nick, vivant qui revient des morts, peut endurer.

C’est assez marrant. C’est même très marrant. Et je ne nie pas la fonction cathartique de ce personnage assailli de toutes parts et qui s’en sort, forcément. C’est une série emblématique de ce que Netflix propose : un vent de liberté créative, pas forcément, pas toujours époustouflante, mais assez souvent surprenante et réussie comme ici. Bravo aux auteurs.

Christopher Meloni : puissant, iconoclaste, un air de folie dans l’œil.

Patrick Fischler : maître tortionnaire d’anthologie

Bryce Lorenzo : l’incarnation du courage

A voir.

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Je ne suis pas un homme facile, de Eléonore Pourriat, poilant !

Damien conçoit des applications dans une agence de marketing mobile, tel le Gourdinomètre. Macho, dragueur, parisien, il a “la plus grande collection de capotes usagées de l’Ile de France”. Patatras, il se réveille dans un univers à front renversé. Les femmes à la place des hommes, et vice et versa, et tous les défauts qui vont avec. Le matriarcat a remplacé le patriarcat. Passé la sidération initiale, comment Damien va-t-il s’en sortir, lui qui devient le secrétaire particulier d’une séduisante écrivaine de renom ?

C’est un film français Netflix. C’est à dire un film qui ne sort pas en salles, qu’on ne le voit pas à la télé, pour l’instant. Mais c’est un film quand même. Et des films français Netflix, il va en y avoir de plus en plus si l’on comprend bien, et au vu de ce film, certains vont avoir à rougir de la comparaison.

Bon, toutes ces situations inversées, à la maison, au travail, dans l’espace public, où les femmes dévalorisent, toisent, méprisent, agressent, abusent, baisent les hommes, et les traitent de “masculinistes” quand ils se rebellent … c’est très drôle, et si je dis “poilant” c’est que la question du poil y joue un rôle non négligeable. C’est une comédie, qui prend le parti de ridiculiser le machisme, la domination masculine, en faisant perdre aux hommes leur dignité de dominants dans une série de situations qui sentent fortement le vécu, le raconté, l’observé, l’entendu.

Bon, est ce que c’est tout le temps drôle ? Non, parfois ça grince et il le faut bien. Est ce que ça peut faire rire tout le monde ? Je ne sais pas. Est-ce que ça peut faire rire les femmes de ma vie ? Je ne sais pas, je l’ai regardé seul. Comment ont-ils fait pour garder leur sérieux au tournage ? Je ne sais pas. Est-ce que ça passera un jour à la télé ? Je ne sais pas. Blanche Gardin, Céline Menville et Pierre Bénézit, hilarants. Vincent Elbaz et Marie-Sophie Ferdane paient de leur personne.

Petit bémol : il m’a semblé que le son sous-modulait tout le temps. Volume à fond, j’ai du tendre l’oreille. Problème avec le PàD ? Avec ma télé (connectée ) ?

Moyen bémol : le film se termine dans une super queue-vulve de poisson. Mais que voulait vraiment nous raconter Eléonore se demande-t-on sur son canapé ? Ca ne se fait pas de laisser ses héros et moi comme ça ! Netflix ou pas, super dommage. On attend quand même le prochain Pourriat avec gourmandise.

A voir.

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La casa de papel, saison 2, miam !

Eric R., érudit des séries et de bien d’autres choses, m’a expliqué qu’en fait il n’y avait qu’une saison à l’origine et que c’est Netflix qui en avait fait deux saisons, et remonté des choses au passage.

Anyway, j’attendais avec impatience la suite et de savoir comment ce braquage allait tourner. La question étant, vont-ils se faire capturer/tuer ou pas ? Cameroun ou Brésil ?

Cette deuxième saison se concentre sur l’affrontement entre Raquel et Salva, entre l’inspectrice et le professeur. La tension n’est pas la même que dans la première saison. Il y a quelque chose de plus humain, de plus personnel. Ca se regarde, ça se déguste, comme une bonne bouteille d’un vin léger dont on redemande.

Trois petites critiques :

+ les scènes d’affrontement sont quand même peu réalistes,

+ je suis resté un peu sur ma faim, j’attendais plus de profondeur dans la piste donnée par le Bella Ciao final de la première saison. Résistants, résistants, un peu vite dit.

+ la fin sent l’écurie – je veux dire le désir d’en finir avec l’histoire -. Le montage est quelque peu mensonger, le destin de Raquel n’est pas très clair et les retrouvailles sortent un peu de nulle part. Un peu dommage ces dernières minutes pas complètement abouties.

A voir quand même, amigos.

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Annihilation, d’Alex Garland, anxiogène

Sur la côte est des Etats-Unis, une zone entourée d’une frontière transparente sur laquelle se forment des effets d’irisation et de miroitement s’étend lentement. Les autorités ont fait le vide dans la région. Rien n’en est jamais ressorti : animal, drone, humain …  sauf Kane, membre des forces spéciales, qui y avait été envoyé avec quelques hommes, et qui en ressort gravement malade, sans que son mal puisse être bien défini.

Sa femme Lena, biologiste et militaire, désireuse de tout faire pour sauver son mari, se joint à quatre autres femmes, toutes scientifiques. Leur mission : se rendre au phare où tout a commencé.

Le film est construit comme un retour en arrière, et dans ce retour en arrière il y aura d’autres retours en arrière. Les décorateurs et les spécialistes d’effets spéciaux ont fait un très beau travail pour créer une nature perturbée, et parfois dangereusement perturbée. Le rythme est assez lent, et s’accélère brusquement chaque fois que l’équipe s’enfonce un peu plus dans le cauchemar. Comme on sait par avance que Lena va en ressortir, et pas les autres, ça crée beaucoup d’ironie dramatique à leurs dépends. Ironie qui finira par aller beaucoup plus loin.

J’ai lu après avoir vu le film qu’il reflétait admirablement la vision de la dépression vu de l’intérieur. Je l’ai trouvé angoissant, anxiogène, comme beaucoup de programmes sur Netflix d’ailleurs. Une précision, Annihilation n’est pas une production originale de Netflix. C’est un film que la Paramount n’a pas voulu distribuer tel quel, et dont le producteur a préféré faire affaire avec Netflix pour sa sortie.

Si vous êtes à la recherche de légèreté, passez votre chemin. Si vous voulez pouvoir dire dans les dîners en ville que “Décidément, Netflix bouscule le cinéma !”, regardez-le. Curiosité, goût pour le fantastique, appétit pour toute forme de narration, … plein d’autres raisons de voir ce film.

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La casa de papel, d’Álex Pina, prenant

8 braqueurs investissent la Maison Royale de la Monnaie à Madrid. Ils y prennent 67 otages et, masque de Dali sur le visage, attendent l’arrivée des forces de l’ordre. Ils sont pilotés de l’extérieur par “le Professeur”, lequel a tout prévu, y compris de manipuler la police. Mais quel est le but réel du braquage, et comment comptent-ils s’échapper ?

Au début, ça fait penser à Inside Man, avec le même jeu de confusion vestimentaire, une dissimulation des objectifs réels du braquage, la manipulation de la police, …. Mais, comme c’est une série, on a le temps d’aller beaucoup plus loin, et c’est tant mieux, on ne perd pas son temps.

Grande réussite, le personnage du Professeur qui a conçu le braquage et le dirige à distance. Quand événements et imprévus le mettent sous pression, c’est vraiment jouissif. Qui est-il ? D’où vient-il ? De quoi est-il fait ? Entre filiation et résistance, les deux derniers épisodes de la première saison, et le générique du 13ème épisode nous donnent quelques indices. Mais c’est peut-être trompeur.

Autre réussite, la solidité des personnages et tout le casting qui les incarne : braqueurs, otages, policiers. Il se dégage de ces personnages que l’histoire construit petit à petit une sorte de sensualité troublante.

Grand plaisir : entendre de l’espagnol, ça change de l’anglais ! D’où la sensualité peut-être aussi.

Enfin, j’ai beaucoup aimé aussi la manière narrative, mêlant voix-off rétrospective, flash-backs, création de tonnes d’ironie dramatique, etc.

Petit bémol, de temps en temps on se demande quand même qui garde les otages !

Enfin, sentiment très personnel : je retrouve dans Miguel Herràn quelque chose de Jean-Michel, et c’est assez troublant.

Bon, à la fin de la saison 1, le Professeur est en mauvaise posture, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’il avait prévu cette possibilité ….

A voir en ces derniers jours de l’hiver où le temps est revenu ici à la pluie, et à la neige aussi annonce-t-on.

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Peaky Blinders, saison 3, goût russe

Deux ans ont à nouveau passé. Les affaires de la famille Shelby ont prospéré. Elles sont de plus en plus légales. Thomas se marie. Mais une dispute avec des italiens de Birmingham, et surtout une affaire en cours avec des russes blancs, en lutte contre les bolcheviques, affaire à laquelle est mêlée une sombre organisation politique, et aussi le gouvernement anglais, vont lui compliquer la vie. Un peu, beaucoup, tragiquement.

Le pardon, le compromis, les excuses, tout cela a-t-il une place dans nos vies .? En général oui. Ce qu’il y a de bien avec les Shelby, c’est qu’ils rejettent en bloc ces notions, en bloc ou pas tout à fait ce qui ouvre la porte à quelques conflits intrafamiliaux croustillants.

Les russes blancs de cette saison sont bien décadents, pour ne pas dire dégénérés. Les italiens trop arrogants. Les méchants sont encore plus méchants, puissants et brutaux. Les personnages devenus un peu faiblards sont éliminés sans pitié (scénariste, c’est comme jardinier, il faut savoir tailler dans l’histoire ). Ici pas de place pour la niaiserie ou même pour l’idée de quiétude.  A l’inverse, les personnages les plus forts montent en puissance, comme celui d’Alfie Salomon, gangster juif philosophe et caractériel. Polly, de plus en plus magnifique.

Ce que j’ai le moins aimé ? La fin. Ça se fait pas.

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