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Je danserai si je veux, de Maysaloun Hamoud, comme tu veux

Tel Aviv. Après le départ de leur amie Ratif qui se marie, Layla et Salma, 2 jeunes femmes palestiniennes, 2 jeunes arabes israéliennes, grandes fêtardes, sont rejointes par une nouvelle colocataire, Nour, étudiante en informatique, musulmane, pratiquante, voilée, fiancée. On a donc réunies trois filles en âge de se marier. Et quelques pressions familiales ou amoureuses à ce sujet. Mais le mariage, ça semble, au moins pour Layla et Salma, être la fin de la vie, l’obéissance aux conventions comme une punition de chaque instant. On passe quelques jours avec Layla, Salma et Nour.

C’est quoi une femme ? Un être qui vibre. C’est quoi une jeune femme ? Une être qui vibre beaucoup beaucoup. Et moi j’aime les vibrations, et particulièrement celles de cette histoire où excellent Mouna Hawa, Sana Jammelieh et Shaden Kanboura. C’est quoi un homme ? Dans ce film des êtres jouisseurs, hypocrites, conformistes, lâches ou résignés. Cochez les cases, au choix. A quelques exceptions près, dont celle du père de Nour mais là je spoile un peu peut-être. Pas mal d’éléments m’échappent faute de connaître la vie quotidienne en Israël où la question des transports et des déplacements semble cruciale à maints égards pour les Palestiniens.

Voilà, Je danserai si je veux, un film cousin de Mustang, dans un Proche-Orient où courage est un mot plutôt féminin. A voir. Un grand merci à Jules pour nous avoir proposé cette sortie.

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Mustang, de Deniz Gamze Ergüven, bouleversant

mustang

Film sorti mi-2015. Je l’avais loupé. Séance de rattrapage grâce à Télérama et au Trianon de Sceaux. Merci !

Turquie de nos jours. Une région reculée au bord de la mer. Fin de l’école, début de l’été. Comme d’autres camarades de classe, des garçons, cinq soeurs rentrent à la maison, située dans un petit village. A pied parce qu’il fait beau. Le chemin longe la mer. On s’éclabousse, on se pousse à l’eau, on joue. Arrivées à la maison de leur grand-mère (elles sont orphelines, élevées par leur grand-mère et leurs oncles et tantes), elles se voient vivement reprocher leur conduite supposément obscène, conduite intolérable au regard des conventions et des traditions. Elles tombent des nues. Mais brutalement, leur vie change. Radicalement.

Mustang, c’est le récit d’un combat entre la joie de vivre et l’arriération, entre la lumière et le mensonge. Et comme dans tout combat, il y a des victimes.

Mustang, c’est aussi la peinture d’une Turquie à deux vitesses, où la modernité de la pensée et des modes de vie cohabite avec le patriarcat le plus arriéré, le plus hypocrite, voire criminel.

Quelques adultes sont des alliés. La plupart sont veules, éteints, parfois violents. Les soeurs elles sont lumineuses, éclatantes, bouleversantes, craquantes. Je me souviendrai longtemps des jeux, des sourires, de la tendresse et des regards de ces cinq actrices, toutes débutantes sauf une. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, Mustang est nommé aux Oscars dans la catégorie des films étrangers. A voir.

PS : Pourquoi le titre de Mustang ? Je n’ai rien encore lu à ce sujet. Je suppose que le mustang du film, c’est la benjamine, celle qui raconte l’histoire, celle qui refuse “les robes informes couleur de merde”, celle qui ne veut pas se laisser dompter, maîtriser, enfermer, domestiquer.

PS2 : 26 février, Césars du meilleur scénario et du meilleur premier film, un peu de bonheur aussi pour le spectateur qui a aimé

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