Archives par étiquette : roman policier

Quand sort la recluse, de Fred Vargas, associations

Le commissaire Adamsberg confond un meurtrier, démasque un violeur, voit sur l’écran de l’ordinateur de l’un des membres de sa brigade l’image d’une araignée recluse. Ca commence à le gratter. Et ce d’autant plus que trois personnes âgées viennent de mourir à la suite d’une morsure de cette araignée, dont le venin cette année aurait des effets nécrotiques démultipliés, en raison de la chaleur disent les uns, à cause de mutations induites par les pesticides disent les autres. Sans en référer à sa hiérarchie, et en dehors de toute procédure, Adamsberg commence à enquêter, en dépit du scepticisme de ses troupes.

Livre après livre, histoire après histoire, finit par se poser la question de l’existence d’ingrédients pour les polars de Fred Vargas, si singuliers, si intéressants. Plusieurs semblent émerger de la brume. Les meurtres viennent de loin, traversent le temps. Adamsberg se retrouve confronté à sa propre histoire personnelle, parfois enfouie. La théorie des 6 degrés de séparation est mise en pratique, avec bien moins de 6 degrés. Des pratiques archéologiques sont convoquées.

Dans Quand sort la recluse les fulgurances d’Adamsberg sont rationalisées.  Ses proto-idées – j’adore ce mot – , ses bulles d’idées, tout cela fonctionne selon le principe des associations d’idées, en mode quasi psychanalytique, pour aider à la résolution. Autre ligne de force, la dénonciation des violences sexuelles. Tout à coup une phrase très simple, citant les chiffres noirs en France : une femme violée toutes les 7 minutes, 1 à 2 % des auteurs condamnés.

Mort aux blaps ? On se pose la question. Me lasserais-je un jour de lire Fred Vargas ? Je ne crois pas. Je n’espère pas

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Les planificateurs, de Kim Un-Su, dépaysant

Les_planificateurs

Signalé par Luc, Les planificateurs, c’est l’histoire de Laesaeng, enfant abandonné, recueilli par père Raton-Laveur, lequel dirige un groupe de tueurs à gages, à partir de son quartier général, La bibliothèque. Chaque assassinat est soigneusement préparé par un planificateur, qui reste dans l’ombre. Au tueur de suivre à la lettre les instructions du planificateur, sinon c’est là où les problèmes peuvent commencer. Laesaeng va se heurter à Hanja, recueilli comme lui par père Raton-Laveur, et qui a fondé une entreprise concurrente. Laesaeng croise plusieurs fois Poilu, qui incinère les corps contre quelques billets. Laesaeng rencontre aussi Mitto, et son destin par la même occasion.

Le livre commence comme un film de Tarantino. Avec des conversations tranquilles et la mort comme unique issue. D’ailleurs, c’est ça le sujet du livre, quelle issue pour Laesaeng ? Quelle sorte d’issue ? Quel sens à l’issue ? J’ai aimé l’histoire, les personnages, et les bribes de vie coréenne que le récit distille. J’ai aimé le courage et la force de vie du héros. Dépaysant et sanglant. Et des planificateurs, il y en a-t-il ici ?

Deux autres polars de Kim Un-Su – grand écrivain coréen – à paraître prochainement.

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La femme en vert, d’Arnaldur Indridason, du vert, du noir, de l’espoir

la femme en vert

Jour après jour, je poursuis la mise au net de ma table de nuit où se sont entassés, année après année, des livres de toutes sortes. La femme en vert, c’est un roman policier qui se déroule en Islande. Deux, trois, quatre histoires se racontent et se découvrent de manière parallèle. Tout ça parce qu’un os humain a été découvert sur un chantier par un enfant. C’est un livre sur le désespoir, sur l’enfance maltraitée, sur la destruction du corps et de l’âme des femmes battues. C’est un livre sur le courage et sur les blessures de l’enfance. C’est aussi un livre qui dit qu’au bout de la noirceur il y a les mots, et malgré tout l’espoir d’une rédemption. Qui m’avait offert ce livre ?

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Temps glaciaires, de Fred Vargas, de l’Islande à Robespierre

temps

Une nouvelle enquête du commissaire Adamsberg par Fred Vargas. Par curiosité et gourmandise. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas Vargas et qui aiment les polars, commencez par Ceux qui vont mourir te saluent, et suivez la piste. Pour les autres, les mêmes ingrédients pour une nouvelle et bonne recette, qui vous emmène de l’Islande à Robespierre, en passant par “Le Creux” et ses pommes de terre paillasson. Décidément, Vargas aime les enquêtes bien faites, et n’est pas du côté du manche. Ah, une citation de Robespierre glanée dans le livre, food for thoughts en ces temps de big brother envahissant : “Je dis que quiconque tremble en ce moment est coupable; car jamais l’innocence ne redoute la surveillance publique”.