Archives par étiquette : série à voir

Manhunt Unabomber, de Discovery Channel, passionnant

1995. Aux USA sévit un mystérieux criminel qui envoie des bombes par la poste. Des blessés, des mutilés, des morts. Le FBI le recherche en vain depuis des années et a créé pour cela l’UTF, la Unabomber Task Force.

C’est justement à l’UTF qu’est affecté Jim Fitzgerald, ancien policier devenu profileur, et qui vient de recevoir son diplôme du FBI « avec les plus grands honneurs ». On lui demande d’établir un profil « propre et sans fautes de frappe » sur la base de l’évaluation en cours, profil destiné au Ministère de la Justice. Fitz, comme on l’appelle, se met au travail, et très vite il est amené à contredire la thèse qu’on lui demande de confirmer. Ca n’ira pas sans mal. Il ira de découvertes en découvertes.

Plein de choses intéressantes et séduisantes dans cette série en 8 épisodes, initialement produite par Discovery Channel, et actuellement diffusée sur Netflix. Je les liste.

1 • Le jeu des deux personnages principaux, Sam Worthington et Paul Bettany, en fragilité, en force d’âme, en déchirements intérieurs, en rigidité, en intelligence. Le Sam Worthington de cette série est à l’opposé de ce qu’il a pu faire dans Avatar. Il y a quelque chose dans sa gestuelle, dans sa démarche, dans son regard, qui traduit ses fêlures, son embarras. Autant de vulnérabilité sans affectation, un tour de force.

2• La construction du récit, en aller-retours temporels incessants qui vont s’espaçant plus on avance, qui créent de l’ironie dramatique et de la tension, et qui permettent d’introduire des causalités et du mystère.

3 • Le récit de l’invention d’une nouvelle science humaine : la linguistique criminelle où comment faire le portrait de quelqu’un à partir de ses écrits, de ce qu’il y met, et aussi de ce qu’il n’y met pas.

4 • L’idée que dans le fond l’enquêteur partage en grande partie les vues d’Unabomber, sans approuver ses crimes. Ses idées, sa critique  d’une société où l’homme est dominé par la technologie, la série nous les propose. Pourquoi s’arrêter à un feu rouge alors qu’il n’y a aucune autre voiture, ou que le feu ne protège aucune intersection et que la route est vide ? Le même jour, je lisais un article sur l’extension de la vidéoverbalisation à Bordeaux. On n’arrête pas l’antiprogrès.

Les épisodes sont assez courts, 42 minutes. Le casting est impeccable. La mise en scène inventive. La production à la hauteur. C’est passionnant. A voir.

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Mindhunter, de David Fincher, intéressant

Fin des années 70 aux Etats-Unis. Un jeune agent du FBI, Holden Ford, est amené à s’intéresser à la psychologie de certains criminels. Il fait bientôt équipe avec un agent plus expérimenté, Bill Tench, et l’entraîne dans cette nouvelle direction. A l’insu de leur hiérarchie, ils vont interviewer un homme condamné pour plusieurs crimes à caractère sexuel. « Comment attraper les fous si on ne sait pas comment pensent les fous ? » diront-ils pour leur défense. Ils seront rejoints par le Dr Carr, universitaire criminologue, rigoureuse et pénétrante.

Ce qui est très intéressant dans cette série c’est de voir se construire de manière pratique, et parfois douloureuse, une nouvelle approche en matière de criminologie. A l’époque, le concept de tueurs en série n’existait pas, et ils vont l’inventer.

L’histoire avance sur un rythme assez lent. S’y mêlent leur apprentissage, forcément lent, leurs difficultés, leurs découvertes conceptuelles et pratiques, les quelques enquêtes auxquelles ils participent. Les couleurs sont sombres, un peu grisâtres, un peu beige. Les crimes sexuels, c’est pas la joie nous rappelle ainsi le réalisateur alors que le rôle de là mère dans l’apparition des déviances meurtrières hante les premiers épisodes.

Jonathan Groff un peu doucereux je trouve, Holt McCallany apporte une maturité virile en contrepoint, et Anna Torv ne se laisse pas marcher sur les pieds.

A voir sur Netflix.

PS : Je n’aime pas du tout le générique dont le montage façon « images subliminales » m’agresse.

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Westworld, de J.J. Abrams et Jonathan Nolan, compliqué

Série inspirée de Mondwest (livre puis film). Sur HBO. Quelque part dans l’ouest américain un parc d’attraction ramène les visiteurs au temps du far-west. Ils y croisent des hôtes, des robots humanoïdes, qui animent les lieux. Ils peuvent vivre toutes sortes d’aventures et laisser libre cours à leurs instincts. Jouissances et violence débridée au programme. Les hôtes blessés ou tués sont réparés avant d’être remis en service pour un nouveau cycle touristique. Le parc est dirigé par l’un de ses deux fondateurs. Il y a le département du « comportement des hôtes », celui des « scénarios », celui de la sécurité, etc. Quand on rentre dans l’histoire, il y a pas mal de tension entre les différents services. Et une récente mise à jour du système d’exploitation des hôtes induit chez eux des rêveries. Des rêveries, ou des souvenirs, voire un début de conscience ? Ca commence comme ça et l’histoire se développe en 10 épisodes de 52 minutes pour la saison 1.

Les 3 premiers épisodes sont brillants, prenants. Ensuite il y a comme un faux plat avec une sensation de répétition et de complications un peu inutiles au plaisir du spectateur. Puis la conclusion prend forme dans les 3 derniers épisodes. Autrement dit, ça tire un peu à la ligne. Mais ça reste brillant, intéressant, et pas du tout fait à l’économie. Attention aux différents niveaux temporels de narration, faut comprendre et suivre. Ou l’inverse. Pas du tout sûr d’y être arrivé ! Casting de choix. Dolores (la photo ci-dessus), Maeve et Bernard impressionnent. Qu’est ce qu’un être vivant ? Qu’est ce qui définit la conscience ? Donc des locomotives à vapeur, des robots, de la métaphysique, de la baston. A voir.

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Stranger things, des frères Duffer, j’ai ma dose

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Hawkings, Indiania, 1983, les années Reagan. Un soir, en rentrant chez lui, Will un jeune garçon fait une rencontre terrifiante et disparaît. Sa mère – Winona Rider, méconnaissable –  supplie le shérif d’entamer des recherches sérieuses. De leur côté, les copains le cherchent et tombent sur une jeune fille étrange aux cheveux ras, avec un 11 tatoué sur le bras. Dans la petite ville d’Hawkings, les événements étranges se succèdent. La saison 1 fait 8 épisodes sur Netflix.

J’ai bien aimé :

+ tous les personnages que j’ai trouvé justes, authentiques pas caricaturaux,

+ le visage de Millie Bobby Brown,

+ les multiples références à des oeuvres antérieures, d’E.T. à Super 8 en passant par Alien (je spoile pas là !)

+ la nervosité du récit,

+ les décors, naturels ou inventés, avec soin.

Voilà, c’est très bien fait, c’est distrayant, ça ne dit pas grand chose sur quoi que ce soit, et  j’ai un peu ma dose de Netflix pour l’instant.

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Occupied, une série d’Erik Skoldbjaerg et Karianne Lund, êtes-vous prêt ?

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Dans Occupied, série en 10 épisodes vue sur Arte, tout est bon !

D’abord le sujet. L’Europe affamée d’énergie confie à la Russie le soin d’occuper la Norvège pour la contraindre à reprendre l’exploitation pétrolière à laquelle elle veut renoncer pour lutter contre le réchauffement climatique. Les Russes repartiront-ils comme prévu ? Les Norvégiens finiront-ils par résister ?

La justesse et la vraisemblance de l’histoire. Les jeux diplomatiques brutaux et cyniques. Les conflits, les déchirements, les revirements des personnages, complexes, humains, vrais.

Les comédiens, tous savoureux, dont Henrik Mestad, Eldar Skar, Ingeborga Dapkunaite très très inquiétante, que je découvre, et côté français Hippolyte Girardot, qui campe un diplomate européen particulièrement veule.

La mise en scène, le montage – on comprend toujours ce qui se passe dans les scènes d’action c’est le critère – , les lumières du nord, et la bande son parfois inquiétante.

J’ai beaucoup aimé. Vu en direct et aussi en replay, une grande invention. Morale de l’histoire. Y’en a pas. C’est une question. Etes-vous prêt ? Autrement dit, que décideriez-vous dans des circonstances analogues ? Série distrayante qui va bien au delà de la distraction.

Une saison 2 est annoncée pour 2017. Can’t wait !

Daredevil, la série, premier épisode très réussi

Gamin je lisais Pif Gadget, puis jeune ado la BD Marvel avec Hulk, Spiderman, les 4 fantastiques, X-men et aussi Daredevil.

Daredevil, le film fut une déception. Mais le premier épisode de la nouvelle série sur Netflix donne envie de voir ceux qui suivent. Le plus surprenant ce sont les combats très sombres et très longs, où l’utilisation des sens hyperdéveloppés du héros sont parfaitement rendus. On sent aussi que le personnage est très très fêlé, et que les méchants sont très très méchants, c’est exactement ce dont on raffole.

Enfin, pour les amateurs de graphisme animé, beau générique où les décors rouge sang se construisent du haut vers le bas en dégoulinant. Un peu beurk mais beau quand même.

Vivement les prochaines vacances pour trouver le temps de goûter à l’ensemble !

Ps : je me rends compte que je vais devoir ajouter une autre catégorie/rubrique. Comment l’appeler ? Séries TV ? Web séries ? Séries tout court ? Please help.