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Moi, Tonya, de Craig Gillespie, lutte des classes

L’histoire de Tonya Harding, championne américaine de patinage artistique, racontée par ….

C’est la trouvaille narrative du film. D’abord rencontrer les principaux personnages, les interviewer, puis mettre en scène ces récits contradictoires avec des interviews où ce sont les comédiens qui s’expriment. Cerise sur le gâteau, de temps en temps, ils s’adressent directement au spectateur pour commenter ou torpiller ce qu’un autre a dit. Ça marche très bien.

Autre intérêt du film, c’est cette lutte entre les nantis américains qui dirigent le patinage artistique (ici on dirait les bourgeois) et Tonya Harding, fille de pauvres, redneck comme elle dit, passionnée, surdouée du patinage (première américaine à passer un triple axel en compétition), mais qui “n’a pas sa carte”. Elle le sait, ça l’exaspère, mais ça ne suscite pas en elle de révolte existentielle. Marche ou crève. C’est d’abord une battante.

Et puis il y a aussi le personnage de la mère (Allison Janey Oscar du second rôle féminin), abominable de méchanceté, d’égocentrisme, de dureté, qui choisit toujours ses moments pour dire les pires choses à sa fille, laquelle, par exemple,  est une “mauviette”, “chouine”, “patine comme une grosse gouine”. Son but affiché : endurcir sa fille pour qu’elle ait la volonté de réussir. Si vous vous plaignez de votre mère, allez voir le film, ça vous fera relativiser.

Ma mère, la mienne, fan de patinage, aurait-elle aimé le film, et le personnage de Tonya ? I think so.

A voir.

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