Archives par étiquette : Vincent Elbaz

En liberté, de Pierre Salvadori, déception

Yvonne est la maman d’un petit garçon auquel elle raconte chaque soir pour l’endormir les aventures enjolivées de son papa, lui aussi inspecteur de police, et dont elle est veuve. Elle découvre un jour que son défunt mari était un ripou des plus méprisables, et qu’un de ses coups tordus a expédié en prison pour huit ans un innocent qui est sur le point de finir sa peine. Rongée par la culpabilité, Yvonne décide de veiller sur le libéré. Mais est-ce une bonne idée ?

C’est burlesque, loufoque, assez rigolo. Mais en dépit de plein de trouvailles, je n’ai pas été emporté par le tourbillon que des échos saisis ça et là me promettaient. Des yeux écarquillés, un gentil sourire, et une élocution sans faille ne fond pas d’Adèle Haenel une amoureuse crédible à mes yeux. Enfin si elle est convaincante, moi je n’ai pas été convaincu. J’ai aussi trouvé que la mise en scène de certaines scènes clés était d’une grande platitude, et qu’il fallait être vraiment bon public pour y croire comme la scène de la découverte de la corruption du défunt, ou celle de la déclaration d’amour de Louis sur fond d’épave de Ferrari, etc. Très souvent, il y a un petit quelque chose qui manque, et plus il y a d’enjeu, plus il y a de manque.

Bon c’est sûrement très sévère comme retour. Mais quand on fait trop appel à mon bon fond de spectateur indulgent, on finit par décevoir. Et après c’est fichu. Mécanisme d’hystérésis de base. Allez-y, je vous aurais prévenus.

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Je ne suis pas un homme facile, de Eléonore Pourriat, poilant !

Damien conçoit des applications dans une agence de marketing mobile, tel le Gourdinomètre. Macho, dragueur, parisien, il a “la plus grande collection de capotes usagées de l’Ile de France”. Patatras, il se réveille dans un univers à front renversé. Les femmes à la place des hommes, et vice et versa, et tous les défauts qui vont avec. Le matriarcat a remplacé le patriarcat. Passé la sidération initiale, comment Damien va-t-il s’en sortir, lui qui devient le secrétaire particulier d’une séduisante écrivaine de renom ?

C’est un film français Netflix. C’est à dire un film qui ne sort pas en salles, qu’on ne le voit pas à la télé, pour l’instant. Mais c’est un film quand même. Et des films français Netflix, il va en y avoir de plus en plus si l’on comprend bien, et au vu de ce film, certains vont avoir à rougir de la comparaison.

Bon, toutes ces situations inversées, à la maison, au travail, dans l’espace public, où les femmes dévalorisent, toisent, méprisent, agressent, abusent, baisent les hommes, et les traitent de “masculinistes” quand ils se rebellent … c’est très drôle, et si je dis “poilant” c’est que la question du poil y joue un rôle non négligeable. C’est une comédie, qui prend le parti de ridiculiser le machisme, la domination masculine, en faisant perdre aux hommes leur dignité de dominants dans une série de situations qui sentent fortement le vécu, le raconté, l’observé, l’entendu.

Bon, est ce que c’est tout le temps drôle ? Non, parfois ça grince et il le faut bien. Est ce que ça peut faire rire tout le monde ? Je ne sais pas. Est-ce que ça peut faire rire les femmes de ma vie ? Je ne sais pas, je l’ai regardé seul. Comment ont-ils fait pour garder leur sérieux au tournage ? Je ne sais pas. Est-ce que ça passera un jour à la télé ? Je ne sais pas. Blanche Gardin, Céline Menville et Pierre Bénézit, hilarants. Vincent Elbaz et Marie-Sophie Ferdane paient de leur personne.

Petit bémol : il m’a semblé que le son sous-modulait tout le temps. Volume à fond, j’ai du tendre l’oreille. Problème avec le PàD ? Avec ma télé (connectée ) ?

Moyen bémol : le film se termine dans une super queue-vulve de poisson. Mais que voulait vraiment nous raconter Eléonore se demande-t-on sur son canapé ? Ca ne se fait pas de laisser ses héros et moi comme ça ! Netflix ou pas, super dommage. On attend quand même le prochain Pourriat avec gourmandise.

A voir.

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