Archives par étiquette : Virginie Efira

Le grand bain, de Gilles Lellouche, lâcher prise

Bertrand, cadre dépressif, très dépressif, dont un des tiroirs de sa cuisine est rempli de médicaments, se trouve un jour fasciné par une équipe masculine de natation synchronisée observée à la piscine municipale. Il rejoint l’équipe, entraînée par Delphine, une ancienne championne. Quand une équipe sportive se constitue, elle doit se donner un objectif. La suite dans vos salles.

Je suis sorti du film avec le sourire, reconnaissant envers les auteurs du film de ce bon moment, de cette histoire, de ce regard sur leurs personnages.

J’ai eu envie de remercier ces comédiens qui nous font don de leurs corps quelque peu flasques, à rebours des canons de la beauté. De tous, c’est sans doute Philippe Katerine le plus brillant, le plus clown de la bande. On a aussi envie de remercier Benoît Poelvoorde, qui maîtrise le volcan en lui et qui n’écrase pas les autres.  Et Jean-Hugues Anglade, en looser harmonieux et assumé. Et aussi Leïla Bekhti, qui invente une entraîneuse paraplégique que même des légionnaires endurcis pourraient redouter. Enfin, je parie que quelques répliques du film vont devenir cultes. Moi je les utilise déjà, mais je ne dirai pas lesquelles ne voulant pas passer pour un psychopathe.

L’histoire est bien racontée ? Oui. L’histoire est parfaitement racontée ? Non. Il y a des ellipses arrangeantes ? Oui. Certains personnages sont un peu sous-exploités ? Oui. Le passage de relais entre les deux entraîneuses n’est pas très clair ? Oui, il ne l’est pas. Mais on s’en fout. Ce film cadeau-gâteau, je le mange comme il est.

Ce qui m’a particulièrement intéressé, c’est comment le film se construit, à travers la peinture à petites touches de ses personnages, qui tous – ou presque – commencent par s’enfoncer plus ou moins doucement dans leurs difficultés. Et ce plutôt qu’une construction classique, où l’on voit le recrutement de l’équipe dont on connaît dès le départ la mission (Les sept mercenaires, Les douze salopards,…), etc.

Ce qui m’a particulièrement touché, c’est aussi le message du film – moi j’en ai trouvé un – . Pour réussir quelque chose de grand, il faut lâcher prise. Il faut prendre le risque du dénuement. Il ne faut pas se conformer à ce qu’on attend de soi. Il faut être capable de s’abandonner.

Vivement le prochain Lellouche dont je connaissais très mal la carrière et l’œuvre avant de lire pas mal d’articles consacrés à ce film.

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Victoria, de Justine Triet, en surface

victoria

Victoria est avocate. Elle a deux filles. Très occupée. Vie sexuelle via des sites de rencontres. Elle cède à l’insistance d’un ami qui lui demande de le défendre : il est accusé d’avoir porté un coup de couteau à sa compagne lors d’un mariage. Dans le même temps, pour remplacer son baby sitter démissionnaire, elle accepte les services, gratuits, d’un jeune et sympathique ancien client qui veut devenir juriste, tournant le dos à son passé de dealer. On sait que la situation va tourner au vinaigre, c’est l’introduction du film, mais quoi, comment, pourquoi … ça va nous être raconté.

Victoria ça démarre comme une comédie. Au début, je me suis délecté de l’enchaînement des malheurs de l’héroïne. Mais petit à petit, j’ai perdu pied. Je me suis surpris avec du temps de cerveau disponible pour m’interroger sur la nature du film. Comédie psychologique ? Comédie sentimentale ? Chronique de nos années bobos, modernes et égocentriques ? Je ne sais toujours pas et mon enthousiasme du début est peu à peu retombé, en dépit de l’engagement de Virginie Efira, du charme de Vincent Lacoste dont il me semble bien qu’il a un potentiel vénéneux en tant qu’acteur, et de quelques situations très drôles.

On peut ne pas voir comme on dit dans le Canard.

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Elle, de Paul Verhoeven, antipathies

Elle

Michèle dirige avec une amie un éditeur de jeux vidéos, société qu’elles ont reprise ensemble. Un jour, un homme la viole chez elle. Elle n’en parle pas à la police; mais lors d’un dîner à son ex-mari, à son associée et à son mari qui est aussi son amant. Bientôt le violeur se manifeste à nouveau alors qu’il semble bien qu’il pourrait faire partie du personnel de l’entreprise. Que va faire Michèle ? Ses voisins pourront-ils l’aider ?

Le sujet du film, c’est le contrôle et la manipulation. Tous les personnages sont globalement antipathiques. Rien ne compte sauf leur jouissance. Rien ne compte sauf le contrôle d’eux-mêmes et des autres, qu’il faut bien manipuler pour que durent la jouissance et le contrôle. Indifférence, mensonge, bêtise, égoïsme, rideaux de fumée à chaque instant. Et les pires dans le genre ne sont pas ceux ou celles qu’on croit.

Comment une telle galerie de personnages détestables peut-elle faire un film intéressant ? Et bien, même après quelques jours de réflexion, je ne saurais l’écrire. Je suppose que c’est du au talent du réalisateur et à la maîtrise d’Isabelle Huppert. A réfléchir.

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