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Infinity war, de Joe et Anthony Russo, mélancolie

Thanos a un projet : rétablir l’équilibre dans un univers qui court à sa perte, en raison de la surpopulation et de l’exploitation effrénée des ressources. Thanos est un écolo visionnaire. Pour ce faire, une solution, supprimer la moitié de la population. Thanos est un meurtrier de masse. Pour y arriver en un claquement de doigts, il lui faut réunir les pouvoirs de 5 pierres, dont deux sont sur notre bonne planète Terre. Entrée en scène des Avengers.

Infinity war, c’est un film drôle, un bon film d’action, et aussi un film mélancolique traversé par une habile ambiguïté. Le méchant est très méchant, mais ses motivations, nous les partageons (pas ses solutions). Les gentils sont eux très courageux, mais ils n’opposent rien au constat du méchant, ils ne proposent rien, ils n’en parlent pas.

D’où une position difficile pour moi spectateur : je suis en partie d’accord avec le méchant, et les gentils peinent à me faire adhérer à leur cause. Tout ça et la fin engendrent, me semble-t-il, une forme de mélancolie. Et, après tout, on l’aurait pas un peu mérité, non ? (on = l’espèce humaine)

Bon, sans divulgâcher, j’avais hésité à y aller, cœur d’artichaut que je suis, parce que j’avais lu un article du Figaro spéculant sur la mort de 3 ou 4 personnages au cours de l’histoire, dont mes figures héroïques préférées. Je dois avouer qu’à un moment du film, j’étais au bout de ma vie …. Voilà, Thor et son lapin, très bons ! Et Hulk peut se vexer. Vous savez tout ce qu’il y a à savoir avant d’y aller.

A voir.

PS : Considérations purement théoriques. Ou exercice de maths au baccalauréat 2018 ( ça ferait le buzz ! ). Sachant qu’il y a sur notre planète une grande disparité des empreintes écologiques des populations (voir répartition dans le document joint), la solution de Thanos, à savoir zigouiller au hasard un humain sur deux, permettrait-elle de rétablir la soutenabilité de l’humanité sur la Terre ? Oui ? Non ? Argumentez.

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War Machine, de David Michôd, pas mal

Après quelques succès en Irak, le général Glen McMahon est nommé en Afghanistan. Sa mission ? Officiellement, régler la situation au plus vite. Officieusement, ne pas faire de vagues. Il va en faire. Il va se faire virer.

Incarné par un Brad Pitt vieilli, raide, sportif et grimaçant, le général Glen McMahon – personnage fictif mais proche du vrai général Stanley McChrystal – se débat, sans jamais les surmonter, dans les contradictions de sa mission : gagner une guerre anti-insurrectionnelle dans un pays dont les habitants ne veulent ni la présence des soldats américains, ni les supposés bienfaits du nation building, ni les dollars qui vont avec. “Leave, leave” répètent-ils. Dans un pays où les subventions du congrès américain ne peuvent aller à la culture du coton car ça ferait concurrence à des états du Sud : conséquence, les paysans continuent à cultiver du pavot. Dans un pays où tuer un insurgé revient à en fabriquer 5 de plus. Dans un pays où les marines ne peuvent faire la différence entre un insurgé et un paisible autochtone. Où ils sont décorés quand ils décident de ne pas tirer, ce qui les plonge dans une certaine confusion. Alors même qu’ils sont de redoutables machines de guerre. Aujourd’hui, la guerre continue. Évidemment, sans but de guerre clair, pas de victoire possible.

Bon, c’est un film Netflix. C’est à dire un film tout court. Avec des comédiens peu connus et quelques vedettes internationales au casting. C’est assez drôle. Pas aussi percutant dans le cynisme que Lord of War. Pas aussi émouvant que Lions et agneaux. Ca dure deux heures et je ne me suis pas ennuyé à défaut d’être captivé. War Machine gagnerait-il à être vu en salle ? Je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, cinéastes du monde entier, le niveau monte chez Netflix ! Les sentez-vous vos pieds mouillés ?

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