Archives par étiquette : Yolande Moreau

I feel good, de Benoît Delépine et Gustave Kervern, lassant

Après trois ans sans donner de nouvelles, Jacques débarque en peignoir dans la communauté d’Emmaüs dont sa sœur Monique est un des piliers. Le truc de Jacques c’est de monter un business, encore faut-il avoir une bonne idée. Et là, il croit l’avoir : rendre les pauvres beaux grâce à de la chirurgie esthétique super low-cost. Encore faut-il trouver des clients. Il tente de les recruter parmi les compagnons.

I feel good, c’est une histoire qui se déploie, et de temps en temps comme une série de sketchs façon Groland qui s’entremêlent. C’est le télescopage entre l’idéologie libérale incarnée et ridiculisée par Jacques à l’insu de son plein gré, et une communauté faite de partage, de bienveillance et de solidarités.  C’est la rencontre entre un Jean Dujardin vedette oscarisée au teint hâlé et une Yolande Moreau sans fards. C’est une image peu sophistiquée, assez brute, proche d’un reportage télé, un peu vilaine quand même. Il y avait peut-être autre chose à trouver pour raconter cette histoire.

En dépit de l’abattage de Dujardin qui ne se ménage pas (et qui est vraiment très bronzé on dirait Séguéla), de quelques trouvailles (la piscine du copain d’enfance, le bronzage de sa femme, le pédiatre, la fin, … ), et de toutes les bonnes volontés réunies, l’histoire finit par doucement patauger. On ne saura pas grand chose de toutes ces silhouettes Emmausiennes. On ne comprendra pas vraiment les motivations de Monique. Une certaine lassitude s’installe, en dépit d’une excursion en Bulgarie et en Roumanie qui relance un peu la machine sur le tard.

Bon, on peut aller voir par curiosité. Si on est un grand fan de Groland, on ne s’ennuiera sans doute pas. C’est pas mon cas.

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Nulle part en France, de Yolande Moreau, misère 1.0

http://info.arte.tv/fr/nulle-part-en-france-de-yolande-moreau

Yolande Moreau passe quelques jours au début de l’année 2016 dans les camps de Grande Synthe et de Calais. Son film témoigne de la misère qui y règne. Ils et elles fuient la guerre et la mort. Ils et elles veulent aller en Angleterre. Ils sont bloqués dans la boue en France, la côte anglaise visible par beau temps. Un Kurde – géologue de formation – dit sentir la haine des habitants à leur égard. Ce qu’il demande : un peu de patience, le temps qu’il arrive à passer, et après il dira “merci la France”.

Très beaux textes écrits avec Laurent Gaudé que l’actrice-réalisatrice dit, sans pathos. C’est d’autant plus fort. Ce n’est pas un reportage, ce n’est pas un documentaire, c’est un témoignage, un regard, une fenêtre qui s’ouvre dans notre vie sur une misère que nous ne voulons pas voir, mais qui est là, à deux pas, à trois heures de route. De quoi avons-nous peur ? Des aboiements de qui ?

Merci Arte de laisser ce film en ligne !

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Le tout nouveau testament, de Jaco Van Dormael, déception

letoutnouveautestament

L’affiche de Le tout nouveau testament l’annonce, Dieu habite à Bruxelles, dans un trois pièces sinistre dont ni lui, ni sa femme ni sa fille ne sortent. Sur une étagère une statuette de JC, le fils qui a mal tourné. En pyjama incertain et peignoir à carreaux, Dieu tyrannise sa famille et jouit de faire le malheur du genre humain. Sa fille, 10 ans, s’échappe, va sur terre à la recherche de 6 nouveaux apôtres. Il se lance à sa poursuite. Donc là c’est début du film et on s’attend à une histoire ébouriffante, surprenante, riche d’une cosmologie inédite.

Hélas, pas grand chose ne vient. L’histoire patine. Le film s’enfonce dans la répétition. Ni les trouvailles visuelles et poétiques de l’auteur, ni la justesse des comédiens, n’ont réussi à me sortir de l’ornière. Au final une déception.