Une seconde mère, d’Anna Muylaert, tendre, subversif et subtil

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Val est, comme on dit aujourd’hui, employée de maison. Elle travaille depuis très longtemps pour une famille aisée – bourgeoise disait-on –  de Sao Paulo. On comprend qu’elle est pour Fabinho le fils unique une seconde mère. Il y a entre eux une grande tendresse. Val fait son travail avec dévouement et fierté, ce qui n’empêche pas la lucidité : « S’ils te proposent quelque chose qui est à eux, refuse, car c’est par politesse, ils ne s’attendent pas à ce que tu acceptes ». Ces « ils » ce sont ses patrons, Monsieur Carlos et Madame Barbara. Arrive Jessica, la fille de Val, qu’elle n’a pas pu, pas voulu, élever. Monsieur Carlos et Madame Barbara ont accepté de l’héberger quelques jours. Jessica vient à Sao Paulo passer un examen pour la fac d’architecture. Comme Fabinho.

Cette proximité intellectuelle fait que Jessica commence par être traitée comme une invitée, comme une égale. Ce qui place sa mère en porte-à-faux. Mais les faux semblants vont bientôt être difficiles à supporter, et les choses vont se dérégler dans cette famille où tout allait de soi. De leur côté, Val et Jessica ont aussi un compte à régler.

Regina Casé joue Val et est tout à fait extraordinaire. Camila Márdila joue Jessica avec une grande justesse. Et Karine Teles incarne une bourgeoise dont le « bien dans sa peau » est un vernis qui ne demande qu’à s’écailler; le désir d’humilier et de rabaisser n’étant jamais très loin. Une seconde mère, c’est plus qu’un joli film. C’est plus qu’un film tendre. C’est un film subversif et subtil. A voir.

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